9 - Quelques exemples de rêves

1) Je prends le métro et vais dans la direction de "Villeneuve" et "Perrin". L'interprétation nous dit que le voyage – archétype connu - nous mène à un but: on va vers Perrin, c'est-à-dire la paire fait le un ou alors le Père est Un. La dualité se coagule vers un troisième terme, une Villeneuve, c’est-à-dire  un voyage vers un centre régénéré. Évidemment cette numinosité – c'est-à-dire  cet aspect divin - se trouve dans les profondeurs de la terre : le métro et ses circulations croisées.       

2) Un rêve raconté par Jung : une horloge à balancier qui fonctionne perpétuellement sans que les poids descendent.[1]

Ce mouvement perpétuel est évidemment métaphysique, expression de ce mouvement continuel Yin-Yang ou alors le mouvement éternel de la Théogonie d’Hésiode qui est ici imagé par les poids qui ne descendent pas : on sait donc par ce rêve qu’il n’y aura pas de limites ou de fin à ce mouvement métaphysique qui se joue en chacun.

 

3) Enfin ce rêve d'une femme qui "voit une bougie allumée sur le rebord intérieur de sa fenêtre d'hôpital et subitement, s'aperçoit que cette bougie va s'éteindre. A l'idée de la masse de ténèbres qui s’approche d’elle, elle s'angoisse. Soudain la bougie se rallume, mais de l'autre côté de la vitre de la fenêtre"[2]. Cette vieille femme meurt le soir même. Ceci n'est-il pas un message? En-deçà de la vitre, la bougie se consume. Au-delà elle a sa taille. Cette lumière est une constante des rêves de transition, quelle que soit la transition. Cette lumière rend l'autre part du monde plus réelle, ce monde du sans-forme au-delà du temps et de l'espace. Il y a juste une vitre transparente entre les deux.

Le rêve de cette vieille femme témoigne aussi de l’autonomie de l’âme qui continue son travail. Pour la rêveuse, et pour paraphraser un dialogue jungien célèbre, elle n’a pas besoin d’une croyance, elle sait. Elle sait que son âme toujours vivante rejoint simplement la création continuée.

 

 4) Permettez-moi de ne pas vous proposer des rêves trop approchant du contexte familial ou de la vie de couple. Cette discrétion hors de notre regard me semble plus profitable que leur exposition publique, chacun de ces rêves étant toujours lié à la présence de rapports des forces très subtils et jamais équivalents à tous les scénarios quasi dogmatiques que l'on peut lire à ce propos. la règle ici est celle de la délicatesse car l'âme humaine a ses arcanes qui ne seront jamais réduits à quelque recette comme une boule  lancée dans un jeu de quilles.

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10 - De la solitude à la Solitude



[1] Psychologie et alchimie, édit. Buchet/Chastel 1976, p.138

[2] Les rêves et la mort, édit. La Fontaine de pierre 2011 p.121