4 - Exemples non-interprétés et non situés, pierres brutes de quelques rêves

 

N’ayons pas peur de nos rêves car « C'est des profondeurs de l’inconscient où l'univers est encore unifié, que jaillit le rêve, revêtirait-il même les apparences les plus puériles, les plus grotesques, les plus immorales... l'expérience montre qu'ils s'efforcent toujours d'exprimer quelque chose que le moi ne sait pas et ne comprend pas »[1]. Légitimé par ces mots de Jung, j’ose extraire quelques rêves au hasard :

 

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Je nageais en pleine nuit dans la haute mer. Il y avait des poissons et même des requins sous moi, mais j’avais un sentiment de bien-être, aucune peur. Je rassurais mon amie B. qui nageait à mes côtés. Il me semble que j’avais vu une aurore boréale et que c’était la pleine lune). J’ai fini dans un sous-marin désaffecté, qui donnait en ressortant, dans un village que j’avais assimilé au réveil à l’époque à un village alsacien mais qui pourrait en réalité être un village d’un canton suisse.

 

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Je suis à la fête de retraite de quelqu'un, c'est très sympa, tout le monde est content. Les gens se félicitent que cela se passe si bien, la seule fausse note ayant été que des policiers aient été obligés de tabasser 30 jeunes skinheads. Les gens débattent un peu de cette violence et je dis que c'est malheureux mais c'était nécessaire car ils avaient des matraques et que c'était des ultras.

 

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Je suis dans un train, dans un compartiment sombre, je suis vêtu d'une armure  comme un chevalier. En face de moi deux femme prêtes en s'entretuer, de très belles femmes, comme dans un conte... Je sais qu'elles ont des super pouvoirs, mais je ne sais pas comment je le sais...
Je ne supporte pas qu'elles puissent se faire du mal, je ne veux pas que l'une d'elle meure, c'est alors qu'au moment où elles bondissent l'une sur l'autre, je me pose pile entre elles au risque de mourir tellement il y a de l'énergie, c'est alors qu'une lumière jaillit, comme une explosion.
Je suis surpris d'être toujours en vie. Les deux filles sont fatiguées et rendent les armes, je prends le bras de celle qui est à ma droite et je la désigne vainqueur, elle reste dans l'ombre; je ne vois pas son visage mais je suis sûr d'avoir fait le bon choix... Quant à celle qui se trouve à ma gauche, la plus lumineuse, dont je vois le visage accepter sa défaite et se met à genou la tète baissée avec l'air triste, je suis surpris car elle est jeune. Je ne suis pas sûr mais il me semble qu'avant de combattre elles avaient un masque.

 

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Je mène un groupe en montagne, je ne les connais pas, ils sont derrière moi. Nous sommes en hauteur sur des monts escarpés avec une belle vue d'ensemble. Il faut descendre afin de poursuivre notre chemin que l'on voit tout au loin, Nous arrivons dans la vallée, il me faut à tout prix une carte. Il y a 2 arbres, dont l'un avec un torchon blanc ; tout à fait par hasard on m'apporte une carte, il y a 2 chemins possibles, l'un où je ne reconnais pas les signes topographiques, on dirait une ville avec des routes comme des géoglyphes, ça ne semble pas du tout intéressant... et désertique. L'autre se trouve dans la vallée avec un joli petit village, l'herbe est verte, il semble y avoir de la vie. J'ouvre en grand la carte pour trouver le chemin mais elle n'est pas imprimée à cet endroit, à la place, on trouve la couverture de la carte.

 

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 a) Je change un petit enfant d’environ 2 ans et met sa couche toute souillée dans un plastique, pour la jeter. Dans ce plastique se trouve un Iphone assez grossier (qui a pris l’eau), qu’un petit groupe de jeunes hommes veut récupérer.

b) Je mets le petit enfant dans une baignoire pour le laver, et l’oublie dans son bain (pour faire autre chose). Il est sorti de la baignoire car je le retrouve un peu plus tard, pleurant de froid. Je l’enveloppe dans une serviette et le réchauffe.

 

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La règle est ainsi: il fait nuit et on doit se tenir à distance d'un sorte de lieu où l'on entend de la musique. Ceci fait, la règle est de s'approcher ensuite et de faire des tous petits bruits pour que l'on s'aperçoive de ma présence et quelqu'un me donne une veste remplie de billets : 300.000 euros. Il fait jour maintenant et je continue à avancer comme si de rien n'était parmi des gens afin de sortir du lieu et là dans un chemin creux bien végétalisé, je commence à sourire, à parler tout seul de ce qui m'arrive et à dire: "c'est vraiment inconséquent, car je pourrais me faire tuer, mais ça marche si bien… et tant que ça marche". Puis ma marche de riche (!) débouche sur une vision panoramique de milliers d'hectares sous le soleil et je le parcours : c'est un sol de terre rouge dessous vaguement recouvert de jaune, mais en plus avec un liseré d'eau belle et transparente. On marche ainsi. A un moment, cette eau se transforme en épaisse eau et suis alors dans une baignoire rose flottante et le gros écoulement d'eau me verse vers le bas contre un heurtoir dans une ville; je sais que cette cascade est pour les femmes. Un homme m'y accueille en riant.

 

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On visite une ville et on arrive au plus beau bâtiment, qui est l'Hôtel-Dieu en pierre blanche type tuffeau. On aperçoit sur le mur du fond des encadrements en bas-relief Renaissance.

On entre avec maman.

Comme au château de Versailles ou dans les enclos bretons, il y a d'abord une cour fermée par un muret et une grille sur le muret, puis au fond un porche entouré de murets fins en pierre sculptée monobloc avec au dessus des piliers en statues de pierre noire. Ce sont des "béatitudes", qui gardent l'entrée: l'une est en drapée à l'antique (à gauche pour nous), l'autre masquée type masque à gaz pour respirer ou Star wars (à droite).

 

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étrange,prémonitoire,dépressif,énorme,catastrophique

Caspar Friedrich (1774-1840) : le voyageur contemplant une mer de nuages... 

 

 

 Pour lire le chapitre suivant de cet opuscule de Gaël de Kerret, suivez le lien :

5 - L'individuation 



[1] Ma vie, édit. Gallimard, p. 462